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Reconquête de la qualité de l’eau en Vendée : le travail se poursuit avec les acteurs locaux

 

Élaboré par la Mission inter-services eau et nature (MISEN) sous l’autorité du préfet de la Vendée, le plan d’action opérationnel territorialisé (PAOT) piloté par la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) est une réponse aux priorités d’action déterminées par la Directive cadre européenne sur l’eau (DCE), déclinée dans le bassin Loire-Bretagne par le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).

 

Sur un territoire rural et littoral en plein essor démographique, l’atteinte du bon état des masses d’eau nécessite, en plus de la lutte classique contre les pollutions, la mise en place d’un « portefeuille hiérarchisé d’actions » croisant des enjeux multiples.

Pour progresser d’ici 2021, des priorités d’action ont été définies par les services et opérateurs de l’État en association avec l’ensemble des partenaires locaux : la profession agricole, les acteurs de l’eau, les collectivités territoriales et les associations.
Renaturation d'un cours d'eau sur le versant du Lay Amont, à la hauteur de Mareuil-sur-Lay
Pour progresser d’ici 2021, des priorités d’action ont été définies par les services et opérateurs de l’État en association avec l’ensemble des partenaires locaux : la profession agricole, les acteurs de l’eau, les collectivités territoriales et les associations.

Les 8 priorités thématiques retenues concernent des volets classiques tels la restauration de cours d’eau ou la réduction des rejets polluants, mais également des thématiques plus récentes, telles que la continuité écologique et le littoral.

Les actions menées :
  • la restauration des milieux aquatiques

Les modifications physiques des cours d’eau (rectifications, creusements, artificialisation…) ont modifié parfois profondément les habitats des espèces. Elles ont aussi altéré leur capacité auto-épuratoire et leur oxygénation. Ces modifications de l’écosystème entraînent des perturbations importantes des compartiments
biologiques (poissons, invertébrés,…) et compromettent les possibilités d’atteinte du bon état des eaux. Cette pression est particulièrement présente en Vendée.

  • le rétablissement de la continuité écologique

Des barrages, écluses, seuils ou encore d’anciens moulins barrent les cours d’eau en Vendée. A l’origine de profondes transformations de la morphologie et de l’hydrologie des milieux aquatiques, ils perturbent la vie aquatique et le transfert des sédiments dans les cours d’eau Ils sont autant d’obstacles infranchissables pour les organismes aquatiques qui doivent pourtant pouvoir circuler librement afin d’accéder aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance ou encore leur alimentation, et ce de la mer aux rivières lorsqu’il s’agit des poissons migrateurs.

L’altération de la continuité écologique des cours d’eau compromet l’atteinte du bon état écologique des milieux aquatiques, objectif fixé par la directive cadre sur l’eau.

  • la préservation des zones humides

Les zones humides en région Pays-de-la-Loire ont considérablement régressé au cours des 50 dernières années, régression qui se poursuit de nos jours. Elles jouent pourtant un rôle fondamental à plusieurs niveaux : interception des pollutions diffuses, dénitrification des eaux, en matière de préservation de la biodiversité et en contribuant à la régulation des débits en rivière et du niveau des nappes d’eau souterraines.

  • la réduction des rejets polluants
  • la réduction des apports transferts en intrants agricoles
  • l’économie d’eau et substitution des prélèvements
  • la diminution de l’impact des plans d’eau

En période estivale, les plans d’eau subissent des pertes importantes par évaporation et/ou par pompage. Lorsqu’ils interceptent les écoulements existants, au détriment des cours d’eau, ils aggravent les étiages. S’ils interceptent un cours d’eau, leur impact est majeur, du même type que celui des ouvrages transversaux : altération des habitats et augmentation de la température de l’eau.

  • des actions spécifiques sur le littoral préservation des usages sensibles sur le plan sanitaire : conchyliculture, baignade, pêche à pied professionnelle et de loisir.

Qualité et stockage de l’eau : deux enjeux connexes aux objectifs différenciés

Les résultats de la qualité des rivières en Vendée ne sont pas bons principalement en raison de paramètres intrinsèques des cours d’eau défavorables, sur les plans hydraulique et morphologique.

Les indicateurs de pollution sont toutefois corrects :

  • plus de 90 % des cours d’eau sont en bon état vis à vis de la pollution organique issue des stations d’épuration ;
  • plus de 90 % d’entre eux sont en bon état vis à vis des nitrates, toutes origines confondues, agricoles et urbaines ;
  • plus 75 % des cours d’eau sont en bon ou moyen état pour le phosphore.
Évaluation de la qualité de masses d’eau
 
Une masse d’eau peut être superficielle (cours d’eau, plan d’eau, eaux estuariennes, eaux littorales) ou souterraine. Sa qualité est mesurée selon cinq états possibles : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais.
 
Pour les masses d’eau « cours d’eau » par exemple, l’état écologique est défini par un bouquet d’une douzaine d’indicateurs classés en 3 catégories : biologie, physico-chimie générale et polluants spécifiques, considérant qu’un seul indicateur déclassant emporte la non conformité du cours d’eau. Mesurer la qualité d’une masse d’eau revient à évaluer son état écologique.

Vingt et une réserves de substitution sont, à ce jour, opérationnelles dans le sud du département, représentant un volume potentiel d’eau stockée pendant l’hiver de 8,87 millions de m3, et quatre autres sont en cours de réalisation pour 1,9 millions supplémentaires.

Le principe de la substitution est encadré par la réglementation du schéma d’aménagement et de gestion des eaux du bassin Loire Bretagne : concilier les usages de l’eau dans le territoire du sud Vendée, celui des agriculteurs et celui des milieux aquatiques en prélevant de l’eau en hiver dans les nappes lorsqu’elles sont hautes pour la stocker dans des réserves, au lieu de la prélever en été.


C’est dans cet esprit que les retenues d’irrigation du Sud Vendée ont été construites : réduire les prélèvements d’été dans les nappes mais aussi faire des économies d’eau, et non développer l’irrigation. Autrement dit, tous les volumes d’eau économisés et stockés en hiver dans ces réserves sont autant d’eau en moins prélevée en été au détriment des milieux.

A titre d’exemple le retour d’expérience sur le secteur des Autizes, suite à une exploitation depuis 2010 de 10 réserves pour un volume de 3,2 millions de m3, a permis de substituer en hiver près de 50 % des volumes prélevés auparavant en été tout en économisant de l’eau, se traduisant par une remontée du niveau de la nappe de plus de 2 mètres.

Concernant les réserves de substitution, les démarches engagées par les ministères de l’agriculture et de l’écologie dans le nouveau contexte national de « l’eau agricole » sont en train d’être développées et donnent par ailleurs un crédit supplémentaire aux actions locales menées en Vendée depuis plusieurs années.

Les sujets de qualité des cours d’eau et de réserves de substitution ne sont pas du même niveau :

  • le premier a pour objectif à terme le bon état des eaux superficielles de l’ensemble du département qui fait l’objet d’un travail collectif de l’ensemble des acteurs du département depuis 2010 avec des améliorations constatées en particulier sur les rejets polluants. Des progrès significatifs restent à faire notamment sur la morphologie ;
  • le second vise un niveau d’eau correct dans les marais du sud Vendée pour satisfaire le besoin des milieux et des habitats. Il fait l’objet d’une prise en charge collective et efficace grâce à l’implication de tous les acteurs locaux au sein de projets de territoires robustes et opérationnels.

La continuité écologique, une nécessaire conciliation de la réglementation et des usages

Depuis l’antiquité, les rivières sont exploitées par l’homme pour produire de l’énergie, naviguer, prélever et transporter de l’eau pour la consommer, ou pour les cultures.

C’est pour ses besoins que l’homme a construit des barrages, des seuils. C’est ainsi que les rivières de France ont été marquées par de nombreux aménagements d’ouvrages. Avec la modernisation, l’exploitation des rivières a diminué, et si certains ouvrages plus ou moins récents nécessitent d’être maintenus, d’autres n’ont plus de raison d’être.

Ces obstacles induisent des perturbations et des dégradations du milieu aquatique avec des impacts sur la continuité écologique.

La loi sur l’eau et les milieux aquatiques s’est donc fixée comme objectif de rétablir la continuité écologique sur les principaux cours d’eau. Les modalités de mise en œuvre de cette loi suscitent beaucoup d’interrogations de la part des usagers et des riverains.

Parmi les différentes opérations engagées en Vendée, une opération globale d’aménagement a été menée sur la rivière du Lay à la hauteur de Mareuil-sur-Lay.

Motivé par un intérêt patrimonial, c’est sur les bords du Marillet entre St Florent-des-Bois et Thorigny qu’une chaussée gallo-romaine a pu ressortir de terre. Un autre exemple de travaux conciliant archéologie et continuité écologique.

Rencontre avec Gérard Bénéteau, archéologue préhistorien du groupement vendéen de sauvegarde du patrimoine archéologique sur un ancien complexe de meunerie où une chaussée gallo-romaine de 50 mètres a pu ressortir de terre. Un autre exemple de travaux, conciliant archéologie et continuité écologique.

La continuité écologique : une nécessaire conciliation de la réglementation et des usages
Durée 11’15
©DDTM 85 / Mitra-Coordination et Communication

Nota : Si vous n’arrivez pas à visualiser, vous pouvez télécharger le film sur la continuité écologique en Vendée (format zip - 89.6 Mo - 16/10/2017)

En savoir plus sur le site internet du Ministère de Transition Écologique et Solidaire

Retrouvez cet article dans la @lettre des services de l’État en Vendée :


Télécharger la @lettre des services de l’Etat en Vendée - Décembre 2017 (format pdf - 22.5 Mo - 04/12/2017)